Projet d’accompagnement d’une personne âgée avec exemple en EHPAD
Rédigé par Malo Aubertin Article du Mis à jour le Lecture : 9 min
Imaginez votre parent installé en EHPAD depuis quelques semaines, avec ses habitudes, ses inquiétudes et ses envies parfois difficiles à exprimer. L’équipe doit alors comprendre qui il est pour proposer un accompagnement adapté, au-delà des soins et de l’hébergement. Le projet d’accompagnement personnalisé rassemble ces informations et les transforme en objectifs concrets pour préserver la sécurité, l’autonomie, le confort et la qualité de vie du résident.
Dans cet article, on présente un exemple complet de projet d’accompagnement pour personne âgée, ainsi que les informations à recueillir, les professionnels concernés et les moments de réévaluation. Cette démarche aide aussi les proches à mieux comprendre ce que l’établissement prévoit au quotidien.
Projet d’accompagnement personne âgée, exemple complet en EHPAD
Que doit contenir un exemple de projet d’accompagnement pour personne âgée ?
Le projet d’accompagnement personnalisé, aussi appelé projet personnalisé ou projet d’accueil personnalisé, décrit les besoins, les attentes, les capacités et les préférences du résident. On y retrouve généralement son histoire de vie, ses habitudes, les observations de l’équipe, les difficultés rencontrées, puis un plan d’action avec des objectifs précis.
Ce document ne doit pas se limiter à une liste de soins. Il peut prévoir une aide à la toilette, une surveillance du diabète, des adaptations pour les déplacements, mais aussi la participation à un atelier de chant ou le maintien d’un appel hebdomadaire avec un proche. Chaque action doit correspondre à une priorité réelle de la personne.
« Le projet personnalisé est un outil de coordination destiné à répondre à long terme aux besoins et aux attentes de la personne accueillie. » Haute Autorité de santé
La loi du 2 janvier 2002 place la personne accueillie au centre de son accompagnement, tandis que la loi du 28 décembre 2015 renforce la construction d’un projet d’accueil personnalisé en établissement. Vous pouvez consulter les textes sur Légifrance et la loi relative à l’adaptation de la société au vieillissement. Pour approfondir ce cadre, vous pouvez également consulter les recommandations de la Haute Autorité de santé.
Les informations à recueillir avant l’arrivée du résident
Avant l’admission, on recueille les éléments utiles pour comprendre la situation de la personne, sans transformer l’entretien en questionnaire administratif. L’âge, le lieu de naissance, la date d’entrée, le motif de l’accueil, la situation familiale et les coordonnées du référent familial constituent une première base.
- les capacités physiques, cognitives et communicationnelles de la personne ;
- les maladies chroniques, les traitements et les risques identifiés ;
- les habitudes de sommeil, de repas, de toilette et d’habillement ;
- les proches, les aidants, la personne de confiance et le représentant légal éventuel ;
- les goûts, les activités, les convictions et les habitudes sociales ;
- la présence d’un animal ou d’objets familiers à conserver.
On vérifie aussi si la personne bénéficie d’une mesure de protection et si elle accepte le partage des informations avec l’équipe pluridisciplinaire, c’est-à-dire les professionnels qui participent à son accompagnement. Le document précise qui a participé à l’entretien et permet d’ajouter les commentaires du résident.

Ces informations restent utiles seulement si l’équipe les actualise et les relie à des actions observables. Pour préparer un échange avec l’établissement, vous pouvez donc noter les habitudes que votre proche souhaite absolument conserver.
Les attentes, l’histoire de vie et les habitudes à intégrer
Les priorités de la personne âgée dans la vie quotidienne
Le projet commence par les priorités exprimées par le résident, même lorsqu’elles semblent éloignées des préoccupations médicales. Dormir plus longtemps, choisir ses vêtements, prendre son petit-déjeuner en chambre ou continuer à sortir dans le jardin peuvent devenir des objectifs importants.
On identifie ensuite les compétences, les limitations et les situations qui demandent une aide. Une personne qui marche lentement peut encore choisir son trajet, participer à la mise de table ou se laver le visage seule. L’accompagnement doit soutenir ce qu’elle peut faire, plutôt que remplacer systématiquement ses gestes.
Lorsque les troubles cognitifs ou la fatigue compliquent la parole, l’équipe adapte le recueil des attentes. Elle peut utiliser des phrases courtes, des images, des observations répétées ou l’aide d’un proche, tout en recherchant l’accord et les réactions de la personne.
Les goûts, les centres d’intérêt et les habitudes de vie à préserver
L’histoire de vie donne des repères concrets pour proposer des activités qui ont du sens. Le parcours professionnel, les voyages, les engagements associatifs, les relations amicales et les responsabilités familiales peuvent expliquer certaines préférences actuelles.
On peut recenser le jardinage, la couture, la cuisine, la lecture, la radio, les jeux de cartes, la belote, le loto, les promenades, la musique, les concerts ou les sorties au restaurant. Une activité ne devient pertinente que si elle correspond aux capacités et aux envies du résident, au moment où on la propose.
Madame Dubois, née en 1936, aime le jardinage, le chant, les jeux de cartes et les discussions. Comme elle reste sociable malgré une arthrose qui gêne ses déplacements, l’équipe peut lui proposer un atelier de chant proche de sa chambre, puis une partie de cartes avec un petit groupe.

Cette approche évite de confondre animation et accompagnement personnalisé. Pour mieux préparer la suite, vous pouvez transmettre à l’équipe quelques souvenirs précis, des photos ou une liste d’activités appréciées.
Qui participe à la rédaction du projet personnalisé du résident ?
La participation du résident, de la famille et de la personne de confiance
Le résident reste au centre de la démarche, car le projet concerne sa vie et ses choix. L’équipe recherche sa participation, même si une vulnérabilité, une fatigue ou un trouble de la communication impose plusieurs entretiens et des modalités adaptées.
La famille peut apporter des informations utiles lorsque le résident le souhaite. Elle ne décide toutefois pas à sa place, sauf si une représentation légale s’applique et que la situation le nécessite. La personne de confiance peut également aider à comprendre les préférences exprimées et les décisions importantes.
Un proche peut par exemple expliquer que Monsieur Martin refuse les activités de groupe, mais apprécie les conversations individuelles sur son ancien métier. Cette précision permet à l’équipe d’éviter une proposition inadaptée et de créer une relation plus confortable.
La coordination entre les proches et l’équipe pluridisciplinaire
L’équipe pluridisciplinaire peut réunir le médecin coordonnateur, l’infirmier, les aides-soignants, le psychologue, l’ergothérapeute, l’animateur et le référent du résident. Chaque professionnel apporte des observations différentes, que la coordination transforme en objectifs partagés.
Les informations confiées restent soumises à la discrétion professionnelle. L’établissement explique ce qui sera partagé, recueille l’accord de la personne et limite la circulation des données à ce qui sert réellement son accompagnement.
Pour faciliter le suivi, on peut demander qui est le référent du projet, quand un bilan est prévu et comment la famille sera informée. Ces questions permettent d’approfondir le sujet avec l’établissement sans se substituer au résident.
Un exemple concret d’objectifs et d’actions en EHPAD
Prendre en compte la perte d’autonomie, les soins et la sécurité
Reprenons le cas de Madame Dubois, qui présente un diabète de type 2 et de légères difficultés de mobilité liées à l’arthrose. Son projet peut retenir un objectif de suivi de sa santé générale, avec des actions concernant les rendez-vous médicaux, l’observation de son alimentation et la surveillance prévue par l’équipe soignante.
| Objectif | Actions possibles | Indicateur de suivi |
|---|---|---|
| Gérer le diabète | Respecter le suivi prescrit et signaler les signes inhabituels | Observations consignées dans le dossier |
| Sécuriser les déplacements | Adapter les trajets et utiliser l’aide technique recommandée | Déplacements réalisés sans incident |
| Préserver le confort | Installer les objets utiles à portée et respecter son rythme | Expression régulière de sa satisfaction |
| Maintenir la vie sociale | Proposer chant, cartes et échanges en petit groupe | Participation selon ses envies |
Les actions doivent rester proportionnées. Une surveillance trop contraignante peut réduire l’autonomie, tandis qu’une aide insuffisante peut augmenter le risque de chute ou de fatigue. L’équipe réévalue donc l’équilibre entre sécurité et liberté selon l’évolution de la situation.
Préserver l’autonomie, le bien-être et la vie sociale
Le projet peut prévoir que Madame Dubois choisisse ses vêtements, réalise certains gestes seule et participe à une activité de jardinage avec un siège adapté. Ces actions soutiennent son autonomie sans ignorer les limitations liées à l’arthrose.
La vie sociale demande aussi une observation fine. Une personne peut rechercher les autres, préférer un petit groupe, communiquer uniquement sur des thèmes familiers ou apprécier une relation individuelle. L’équipe adapte alors les activités, le rythme des échanges et les moyens de communication.
Le projet peut enfin intégrer un soutien psychologique, une adaptation de la restauration, l’intervention d’un professionnel de rééducation ou un accompagnement de fin de vie lorsque la situation le justifie. On inscrit uniquement des actions utiles et compréhensibles, avec un responsable et un moment de bilan.
Pour comparer un document proposé par un établissement avec les besoins de votre proche, vérifiez que les soins, les habitudes et les relations sociales apparaissent dans un même plan. Vous pourrez ensuite demander des précisions sur chaque objectif.
Quand le projet d’accompagnement est-il établi et réévalué ?
Le projet se construit après une période d’observation, car l’arrivée en EHPAD ne montre pas toujours les habitudes réelles de la personne. Dans les maisons Korian, l’établissement indique que chaque résident bénéficie d’un projet d’accompagnement personnalisé dans les trois mois suivant son arrivée.
Ce délai permet au résident de prendre ses repères, de rencontrer les professionnels et d’exprimer progressivement ses envies. L’équipe peut organiser plusieurs échanges plutôt qu’un entretien unique, notamment lorsque la fatigue, l’anxiété ou les troubles cognitifs compliquent la participation.
Une fois établi, le projet peut donner lieu à un avenant au contrat de séjour, signé selon les modalités prévues par l’établissement. La famille doit comprendre que ce document reste évolutif, car l’état de santé, l’autonomie, les goûts et les relations peuvent changer.
On réévalue le projet à intervalles prévus par l’EHPAD, mais aussi après une chute, une hospitalisation, une perte d’autonomie, un changement de traitement ou une demande du résident. Un objectif atteint peut être remplacé par une nouvelle priorité.
Un bon projet d’accompagnement pour personne âgée relie donc les besoins de santé aux choix de vie, sans réduire le résident à son niveau de dépendance. Avant l’entrée en établissement, préparez une fiche simple avec ses habitudes, ses plaisirs et ses refus, puis demandez à l’équipe comment elle les intégrera et les réévaluera. Cette démarche offre un repère concret pour juger la qualité de l’accompagnement proposé.
Foire aux questions
Que contient un projet d’accompagnement pour personne âgée ?
Il rassemble l’histoire de vie, les habitudes, les capacités, les difficultés et les attentes du résident. Il prévoit ensuite des objectifs précis et des actions concrètes, comme une aide à la toilette, une adaptation des déplacements ou une activité appréciée.
Comment recueillir les attentes d’une personne âgée ?
L’équipe échange avec la personne et observe ses habitudes, ses réactions et ses capacités au quotidien. Lorsque la parole est plus difficile, elle peut utiliser des phrases courtes, des images, des observations répétées ou l’aide d’un proche, en recherchant l’accord du résident.
Les activités doivent-elles apparaître dans le projet personnalisé ?
Oui, si elles correspondent aux envies et aux capacités de la personne au moment où elles sont proposées. Le jardinage, le chant, les jeux de cartes, la lecture ou les promenades peuvent ainsi soutenir le bien-être et les relations sociales.
Quel est le rôle des proches dans ce projet ?
Les proches peuvent transmettre des informations sur les habitudes, les goûts, l’histoire de vie et les objets familiers du résident. Ils peuvent aussi noter les habitudes que leur proche souhaite absolument conserver afin d’aider l’établissement à personnaliser l’accompagnement.
