Quelles aides pour payer une maison de retraite
Rédigé par Malo Aubertin Article du Mis à jour le Lecture : 9 min
Vous préparez l’entrée d’un parent en maison de retraite et la facture annoncée semble difficile à financer. On peut pourtant mobiliser plusieurs aides selon les revenus, le niveau d’autonomie, le type d’établissement et le statut de la chambre choisie. L’APA, l’ASH, les aides au logement et la réduction d’impôt ne couvrent pas les mêmes dépenses, mais elles peuvent réduire sensiblement le reste à payer.
Pour établir un budget réaliste, on doit d’abord distinguer l’hébergement, la dépendance et les soins. Cette lecture permet ensuite de vérifier les dispositifs adaptés, leurs conditions d’attribution et les démarches à réaliser avant l’admission.

Quelles aides pour payer une maison de retraite ?
Les principales aides pour une maison de retraite sont l’APA en établissement, l’aide personnalisée au logement (APL), l’allocation de logement sociale (ALS), l’aide sociale à l’hébergement (ASH) et la réduction d’impôt. On peut aussi examiner le chèque énergie et l’ASPA (allocation de solidarité aux personnes âgées) lorsque les revenus restent faibles.
L’APA réduit une partie du tarif dépendance, tandis que l’APL, l’ALS et parfois l’ALF (allocation de logement familiale) diminuent le tarif hébergement. L’ASH intervient lorsque les ressources de la personne âgée ne suffisent pas et que l’établissement dispose de places habilitées à l’aide sociale.
Selon Service-Public, l’APA, l’aide au logement et l’ASH peuvent se cumuler, sous réserve de respecter les conditions propres à chaque dispositif. En revanche, l’APL et l’ALS ne se cumulent pas, pas plus que l’ALF avec l’une de ces deux aides.
Pour avancer efficacement, on peut demander à l’établissement une simulation intégrant le tarif de la chambre, le niveau de dépendance et les aides envisageables. Approfondissez ensuite chaque dispositif avec les services compétents.
Quels frais peuvent être couverts en maison de retraite ?
Dans un EHPAD (établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes), la facture se répartit en trois parties. Cette présentation permet de savoir quelle aide peut intervenir et d’éviter de comparer uniquement le prix affiché par chambre.
Le tarif hébergement
Le tarif hébergement couvre le logement, les repas, le chauffage, l’entretien de la chambre, la gestion administrative, la blanchisserie du linge de maison et certaines animations. Il comprend donc les services hôteliers et la vie sociale proposés au quotidien.
Selon la CNSA, le tarif journalier moyen en 2024 atteignait 63,50 euros pour une chambre seule habilitée à l’ASH, contre 95,60 euros pour une chambre seule non habilitée. Ces montants avaient progressé respectivement de 3,9 % et 5,4 % en un an.
La localisation, la superficie, la présence d’un balcon et le choix d’une chambre individuelle ou double peuvent modifier fortement le prix. Une estimation courante situe une place en EHPAD autour de 2 200 euros par mois pour l’hébergement et la dépendance, mais chaque devis reste spécifique.
Le tarif dépendance
Le tarif dépendance finance l’aide et la surveillance nécessaires aux actes de la vie courante, comme la toilette, l’habillage, la prise des repas et l’utilisation de produits liés à l’incontinence. Il varie selon le GIR (groupe iso-ressources).
La grille nationale AGGIR (autonomie gérontologique groupes iso-ressources) classe les résidents du GIR 1, très dépendant, au GIR 6, autonome. Les GIR 1 et 2 correspondent au tarif le plus élevé, les GIR 3 et 4 à un tarif intermédiaire, et les GIR 5 et 6 au tarif le plus faible.
Le conseil départemental fixe chaque année les tarifs dépendance. On doit donc comparer le tarif de l’établissement, mais aussi le niveau de GIR retenu, car deux factures peuvent différer même lorsque les chambres présentent un prix proche.
Les soins pris en charge par l’Assurance maladie
Les soins médicaux et paramédicaux dispensés dans l’EHPAD mobilisent notamment le médecin coordonnateur, les infirmiers et les aides-soignants. Le tarif de soins journalier relève de l’Assurance maladie et ne s’ajoute pas directement au montant payé par le résident.
Certains frais peuvent toutefois rester à vérifier, notamment les consultations extérieures, les transports ou des prestations particulières. Demandez à la direction ce que le tarif de soins inclut exactement avant de valider l’admission.

L’APA en établissement, pour financer une partie de la dépendance
L’APA (allocation personnalisée d’autonomie) aide à payer une partie du tarif dépendance facturé en EHPAD. Le conseil départemental peut verser cette aide directement à l’établissement, qui la déduit de la facture, ou au résident, qui règle alors la totalité avec ses revenus et ses autres aides.
Le montant dépend du niveau de perte d’autonomie et des ressources. L’APA ne finance donc pas le logement ni les repas, mais elle réduit la part correspondant à l’accompagnement quotidien et à la surveillance.
Qui a droit à l’APA en maison de retraite ?
On peut demander l’APA à partir de 60 ans si la personne réside en France de manière stable et régulière et si son autonomie correspond aux GIR 1 à 4. Une personne classée en GIR 5 ou 6 ne peut pas bénéficier de l’APA.
Le médecin coordonnateur de l’EHPAD participe généralement à l’évaluation avec la grille AGGIR. L’APA en établissement ne se cumule pas avec l’APA à domicile, la PCH (prestation de compensation du handicap), l’ACTP ou certaines autres prestations liées à la dépendance.
Après le choix de l’EHPAD, demandez à la direction quelle procédure s’applique dans votre département. Cette étape permet de connaître le montant estimé avant l’entrée et de vérifier si l’aide sera déduite automatiquement.
L’ASH, pour les revenus insuffisants et les établissements habilités
L’ASH (aide sociale à l’hébergement) aide à financer le tarif hébergement lorsque les ressources de la personne âgée ne suffisent pas. Le département étudie la situation financière du demandeur et peut examiner la participation des obligés alimentaires, notamment certains enfants.
L’aide concerne les EHPAD agréés ou habilités à l’aide sociale, ou certaines places seulement dans un établissement. Les places habilitées appliquent un tarif d’hébergement fixé par le conseil départemental, tandis que le gestionnaire fixe librement le prix des places non habilitées.
La presque totalité des EHPAD publics sont habilités à l’aide sociale pour plus de la moitié de leur capacité, mais il faut vérifier ce point établissement par établissement. Une chambre moins chère peut aussi entraîner des règles particulières sur la participation familiale et la récupération de l’aide.
Comment obtenir l’ASH pour un séjour en établissement ?
La demande se dépose généralement auprès du centre communal d’action sociale (CCAS) ou du service du département, selon les règles locales. Le dossier comprend notamment les ressources, les charges, les justificatifs d’identité et les informations relatives à l’établissement choisi.
On doit engager la démarche rapidement, car le délai d’instruction peut affecter la date de prise en charge. Demandez le formulaire au département et vérifiez avec l’EHPAD que la place proposée ouvre bien droit à l’ASH avant la signature.
Peut-on toucher l’APL ou l’ALS en maison de retraite ?
Oui, une personne vivant en maison de retraite peut demander une aide au logement pour réduire le tarif hébergement. L’APL concerne un établissement conventionné, tandis que l’ALS intervient lorsque l’établissement n’est pas conventionné et que la personne ne peut pas bénéficier de l’APL ou de l’ALF.
La CAF ou la MSA étudie les ressources des douze derniers mois, la situation familiale et le plafond applicable. Ces aides couvrent uniquement les prestations liées à l’hébergement, et non le tarif dépendance.
Comment savoir si l’établissement ouvre droit à l’APL ou à l’ALS
La direction de l’établissement peut indiquer si la résidence est conventionnée et préciser la démarche adaptée. La demande se fait auprès de la CAF ou de la MSA, selon le régime de protection sociale de la personne âgée.
Préparez l’avis d’imposition, les justificatifs de ressources et les informations bancaires demandées. Une simulation officielle permet de mesurer l’effet réel de l’aide, car son montant varie selon les ressources et le coût de l’hébergement.
| Aide | Dépense principalement réduite | Organisme |
|---|---|---|
| APA en établissement | Tarif dépendance | Conseil départemental |
| APL | Tarif hébergement | CAF ou MSA |
| ALS | Tarif hébergement | CAF ou MSA |
| ASH | Tarif hébergement | Conseil départemental |
| Réduction d’impôt | Hébergement et dépendance | Administration fiscale |
Peut-on bénéficier d’une réduction d’impôt en EHPAD ?
Les frais d’hébergement et de dépendance payés en EHPAD peuvent ouvrir droit à une réduction d’impôt lorsque la personne est imposable. Le dispositif porte sur les dépenses réellement supportées, après déduction des aides reçues, dans la limite prévue par la réglementation.
Le montant maximal indiqué par les informations institutionnelles atteint 2 500 euros par personne. Les proches qui contribuent aux frais peuvent aussi examiner les règles de l’obligation alimentaire et les possibilités de déduction correspondantes, avec l’administration fiscale.
Conservez les factures annuelles et les attestations de l’établissement, car elles permettent de justifier les sommes déclarées. Le chèque énergie et l’ASPA peuvent également soutenir le budget global, sans remplacer une demande d’APA, d’aide au logement ou d’ASH.
Comment est calculé le reste à charge en établissement
Le reste à charge correspond au montant que la personne âgée doit payer après déduction des aides obtenues. On part du tarif hébergement et du tarif dépendance, puis on retire notamment l’APA et l’aide au logement lorsqu’elles sont accordées.
La formule pratique est la suivante, tarif hébergement plus tarif dépendance, moins APA, moins aide au logement, puis comparaison avec les revenus disponibles. La réduction d’impôt intervient ensuite dans la déclaration fiscale et ne diminue pas toujours la facture mensuelle.
Le prix de l’hébergement, le GIR, la localisation, le statut ASH et les options de chambre influencent directement le montant final. Pour comparer deux établissements, demandez le même scénario, avec la même chambre et le même niveau de dépendance.
Le tarif affiché ne suffit pas à comparer deux EHPAD, car le reste à charge dépend aussi des aides et du niveau d’autonomie.
Une simulation écrite avec les revenus mensuels, les pensions, les aides estimées et les éventuelles contributions familiales offre le repère le plus fiable. Faites-la valider par l’établissement et le service social du département avant de vous engager.
Quelles démarches faire avant l’entrée en maison de retraite ?
Commencez par demander à chaque établissement un devis détaillé séparant hébergement, dépendance, soins et prestations supplémentaires. Vérifiez ensuite l’habilitation à l’ASH, le conventionnement APL et le tarif correspondant au GIR envisagé.
- Demandez une évaluation de l’autonomie et une estimation de l’APA.
- Déposez la demande d’APL ou d’ALS auprès de la CAF ou de la MSA.
- Contactez le CCAS ou le département pour constituer un dossier d’ASH.
- Rassemblez les pensions, avis d’imposition, relevés de ressources et justificatifs d’identité.
- Conservez les factures pour préparer la déclaration de revenus.
Un proche peut accompagner la personne âgée dans ces démarches, surtout lorsque plusieurs organismes interviennent. Notez les dates de dépôt, les pièces transmises et les réponses reçues afin d’éviter les retards au moment de l’admission.
Notre recommandation est de comparer les établissements sur leur reste à charge réel, et non sur leur seul tarif mensuel. Faites chiffrer l’APA, l’aide au logement et l’ASH avant l’entrée, puis vérifiez chaque année les aides et les tarifs, car la situation peut évoluer.
Foire aux questions
Quelles sont les principales aides pour une maison de retraite ?
Les aides les plus citées sont l’APA en établissement, l’APL, l’ALS, l’ASH et la réduction d’impôt. Selon la situation, le chèque énergie et l’ASPA peuvent aussi être examinés lorsque les revenus sont faibles.
Quels frais une aide peut-elle couvrir en EHPAD ?
Les aides ne couvrent pas toutes les mêmes dépenses. L’APA réduit une partie du tarif dépendance, tandis que l’APL, l’ALS et parfois l’ALF agissent sur l’hébergement. Les soins courants en EHPAD relèvent de l’Assurance maladie et ne s’ajoutent pas directement à la facture du résident.
Peut-on cumuler plusieurs aides pour une maison de retraite ?
Oui, certains dispositifs peuvent se cumuler, notamment l’APA, l’aide au logement et l’ASH, si les conditions de chaque aide sont remplies. En revanche, l’APL et l’ALS ne se cumulent pas. L’ALF ne se cumule pas non plus avec l’une de ces deux aides.
Qui peut bénéficier de l’APA en maison de retraite ?
L’APA en établissement peut être demandée à partir de 60 ans, si la personne réside en France de manière stable et régulière et si elle est classée en GIR 1 à 4. Les personnes en GIR 5 ou 6 n’y ont pas droit. Le montant dépend du niveau de perte d’autonomie et des ressources.
Pourquoi demander une simulation à l’établissement avant l’admission ?
Une simulation permet d’intégrer le prix de la chambre, le niveau de dépendance et les aides envisageables. Elle aide à estimer le reste à payer de façon réaliste et à vérifier les démarches à engager avant l’entrée dans l’établissement.
